François Decq part, il y a quelques années, de cette abstraction qu'on dit lyrique.
Le geste, croit-on, enfante la liberté. En fait, il éprouve un sentiment de plus en plus fort d'esclavage, comme s'il s'était laissé piéger par le monde tout fait de la nature.

Il va passer brusquement à l'abstraction géométrique. Le paradoxe n'est qu'apparent : c'est en se donnant un arsenal de règles impérieuses, en leur obéissant, qu'il va accéder à la liberté. En délimitant un territoire personnel, en l'explorant, en le maîtrisant, en mettant à jour ses structures profondes. Cercles, carrés, triangles, courbes et droites, ces figures fondamentales qu'appréciait le Socrate du Philèbe, surgissent ici. Non pour ce qu'elles sont en soi uniquement, mais plus encore pour leurs rencontres, et les échos que, sans fin, elles suscitent.

Leur agencement sévère et allègre permet à François Decq, par-delà cette cohérence justement, d'exprimer son appartenance à un monde qu'il fait basculer vers la culture, vers cette forme de liberté qui nous permet d'organiser notre dépendance première, et de la dépasser.

Participant au mouvement MADI, il sort à son tour du rectangle pour, de la surface peinte, ne retenir parfois que la forme qui s'y déployait, et qui, libérée, s'amarrera directement sur le mur.

Ainsi François Decq pose à nouveau le problème de la relation ambigüe peinture-objet. Sortie de l'image peinte, la forme sur le mur, se transforme en objet, et de ce fait, cesse d'être une image, l'objet étant lui-même sa propre image.

Cette mutation de la forme entraîne une véritable métamorphose dans le traitement de la couleur. A la nébuleuse des tons proches, aux passages délicats des nuances, aux subtiles superpositions et transparences, succèdent l'euphorie des grands aplats éclatants, et une incroyable jubilation colorée.

Peintre de l'équilibre, de l'harmonie, les œuvres de François Decq sont d'un même élan peinture, objets-reliefs, et même parfois, au terme d'une allusive et ironique alchimie, faux objets du monde industriel, sorte d'écho purifié du Pop-Art.

Derrière ce travail, il y a un homme qui, pour mieux s'intégrer au monde, s'emploie à en faire surgir les bornes ultimes, et à dégager les champs où l'esprit va pouvoir se déployer, jouer avec le vide, et, exaltant l'espace, rêver ses propres horizons.

Alexandre de la Salle (1986)


Extrait du catalogue de l'exposition personnelle Galerie Alexandre de la Salle - 1986

2001 > 2014

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